
Chassons les œufs en Occitanie à l’occasion de Pâques. Un an presque jour pour jour après les marches urbaines du côté du Nord de la France et en Belgique, nous voici cette fois-ci dans le Sud de la France pour trois jours aux couleurs du Sud. Marches urbaines dans Sète (à l’occasion de la cinquième édition de “l’Escale à Sète”) et Montpellier ainsi que l’ascension du Mont Aigoual (Alt: 1565 m) dans les Cévennes sont notamment au programme. Sur les traces de l’Hermione, résumer d’un séjour oxygénant...
L'HERMIONE
L’Hermione, la superbe réplique de la frégate du 18e siècle de La Fayette, héros de l’indépendance des États-Unis, est construite à Rochefort à partir de 1997 et lancée en eaux salées le 7 septembre 2014.
“En 1778, dans l'arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la Corderie Royale, l'Hermione était mise en chantier.
Navire de plus de 65 mètres de longueur hors tout, doté d'une voilure de 1500 m2 répartie sur trois mâts, l'Hermione fut construite sur les plans de l'ingénieur Chevillard Aîné.
Elle faisait partie, avec la Courageuse, la Concorde et la Fée, d'une série de quatre frégates mises en chantier à Rochefort.
Appartenant à la catégorie de frégates dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité, l'Hermione était équipée de 26 canons tirant des boulets de 12 livres, d'où son nom de "frégate de 12".
LE KRUZENSHTERN
"Le Kruzenshtern a été construit en 1926 à Bremerhaven-Wesermünde, en Allemagne, sous le nom de Padua. Il a été donné à l’URSS en 1946 en dommage de guerre et rebaptisé du nom l’explorateur allemand du début du XIXe siècle au service de la Russie, Adam Johann Krusenstern (1770-1846)."
LE GALEON ANDALUCIA
“Le galion 'El Galeon Andalucia' est la fidèle réplique, lancée en 2009, des galions espagnols du XVIème siècle qui ont découvert et établi les routes maritimes entre l'Espagne, l'Amérique et les Iles Philippines et formés la 'Flotte des Indes'.”
Les bateaux visitables : + de voiliers
Jour 1: Sète & “l’Escale à Sète”, patrimoine et fête des traditions maritimes
Date de sortie : 31 mars 2018
Sport : Marche urbaine
Ville : Sète (34200) – Occitanie
Distance : 17 km
Album photo : Sète 2018
Trace GPS
31 mars 2018, bienvenue en Occitanie. Parfois surnommée “La Venise du Languedoc”, Sète est la ville natale d’artistes comme le regretté Georges Brassens ou encore Paul Valéry. Appelée aussi l’Île singulière par ce dernier, la ville a profité de sa situation géographique particulièrement favorable pour développer son économie autour de l’activité portuaire, premier port de pêche en Méditerranée française.
Entre littoral de sable fin et promontoire du Mont Saint-Clair, elle est aussi une destination très prisée des touristes qui trouvent une ambiance toute pittoresque et un lieu de convivialité et d’échange propice au repos, aux promenades,… à la rêverie. Du belvédère (alt: 175m) de la colline de St-Clair, havre “des gens d’en haut” dit-on en bas, somptueux est le panorama sur une ville authentique quadrillée par ses canaux et construite entre mer et étang.
Mais en ce week-end de Pâques, l’histoire de la ville rencontre celle des plus prestigieux grands voiliers du monde à l’occasion de “l’Escale à Sète”. Une grande fête des traditions maritimes haut en couleur où le patrimoine urbain et le patrimoine maritime se rencontre pour rappeler à chacun d’entre nous combien ils sont intimement liés. Placé cette année sous le thème majeur “Escale centenaire”, le festival accueil des navires remarquables parmi lesquels:
– le 3 mâts français Hermione, la “frégate de la liberté” pour ce qui est sa première escale en Méditerranée
– le 4 mâts russe Kruzenshtern, deuxième plus grand voilier-école au monde
– le 3 mâts espagnol Andalucia, seul galion navigant sur la planète réalisant ici sa première escale en France
– le 3 mâts russe Shtandart, la réplique de la frégate du Tsar Pierre le Grand
– le 2 mâts Tchèque la Grâce de la catégorie des Brick
Tout paraît plus petit face à ces chefs-d’œuvre modernes, répliques exactes de navires issus d’un temps plus ancien qui ont traversé les mers, les océans, les eaux agitées, les tempêtes et pour certains connus les batailles navales. Ils sont le symbole de cette histoire, ils font revivre cette histoire. Admirable. Mémorable.
“Son port typique et réputé, sa criée, ses halles… agrémentés de la présence des plus somptueux vieux gréements du monde, partout l’accent chantant de la Méditerranée se mêle aux couleurs du Sud.” Ô oui, que cette fête est belle. Ce festival offre une part de rêve, une parenthèse presque enchantée en ces temps tourmentés.
Jour 2: Montpellier, belle et moderne depuis toujours
Date de sortie : 01 avril 2018
Sport : Marche urbaine
Ville : Montpellier (34000) – Occitanie
Distance : 35 km
Album photo : Montpellier 2018
Trace GPS
Après la beauté et l’enchantement du premier jour, cette journée orientée marche urbaine doit me permettre de découvrir la ville de Montpellier, son architecture, ses ruelles pavées, ses monuments, ses trésors cachés… oui oui, c’est la chasse aux œufs en ce jour de Pâques. Préfecture du département de l’Hérault, elle est l’une des villes les plus étudiantes de France. Je remonte tout d’abord le Lez, découvrant ainsi une ville aux bâtiments très moderne sans cachet particulier semblable à l’idée dont je me faisais de Lo Clapàs, « le tas de pierres » en occitan, surnom qui lui est parfois donné.
Mais cette idée que j’ai de la modernité risque de changer avec la découverte du quartier Antigone qui structure l’Est de la ville. En effet l’impact sur le paysage urbain n’est aucunement négatif, bien au contraire. Architecture postmoderniste d’inspiration gréco-romaine, le quartier d’Antigone possède une vraie personnalité et il fait vraiment bon de se promener dans ses rues piétonnes agrémentées de statues, de fontaines, d’arbres.
Le centre historique de Montpellier est quant à lui bien conservé. Les nombreuses ruelles médiévales ainsi que les nombreuses places et placettes confèrent beaucoup de charme à l’Écusson. Se perdre dans ces rues pavées étroites est peut être le meilleur moyen de les découvrir toutes. Rue de la Valfère, rue du bras de fer, rue de la l’argenterie ou bien rue de l’ancien courrier sont ainsi des symboles de son fier passé et déambuler dans celles-ci nous emmènent dans une époque ancienne. Il est aussi très agréable de prendre une photo souvenir devant la fontaine des Trois Grâces place de la Comédie, place emblématique de la ville, de se détendre place des Martyrs de la résistance ou encore d’admirer les monuments historiques trônant fièrement place Saint Roch ou place Sainte-Anne.
Montpellier n’en oublie pas moins la nature. Si le fleuve Lez en est le poumon, les nombreux parcs comme celui du Peyrou et le jardin des plantes ajoutent cette touche de fraîcheur et de calme. Sans oublier le zoo et la réserve du Lunaret (que je n’ai malheureusement pu visiter) à l’extrême Nord qui offrent cette bulle d’air importante à tout espace urbain. Autant de cadres enchanteurs, et de petits coins de paradis au cœur de la ville.
Enfin, l’arc de Triomphe ouvre une porte royale sur la promenade du Peyrou, belvédère largement ouvert à tous les horizons et au milieu de laquelle trône une statue équestre de Louis XIV. Le château d’eau que prolonge l’aqueduc des Arceaux sont également les vestiges d’une autre époque. Une place royale animée en périphérie de l’écusson qui constitue un lieu de prédilection des Montpelliérains ainsi que l’un des plus beau point de vue sur la ville à l’instar des terrasses du Corum.
Bref, une belle journée sous le soleil du Sud ponctuée par un moment de détente sur les rives du port de plaisance Ariane à Lattes. Si le Montpellier historique est admirable, le Montpellier moderne promet d’être lui aussi très intéressant. Un tiré de rideau sur une journée plaisante et sportive (35 km) avant qu’il ne s’ouvre à nouveau sur la visite en soirée de la citadelle fortifiée d’Aigue-Mortes, ses remparts, sa place Saint-Louis, ses marais…
Jour 3: Le Mont Aigoual, le dernier gardien des nuages
Date de sortie : 02 avril 2018
Sport : Marche / Nature : Randonnée libre
Lieu de départ : Valleraugue …
Distance : 11 km
Altitude minimale : 360 m / Altitude maximale : 1567 m
Dénivelé + : 1223 m
Météo : Nuageux, froid-brouillard-neige (sol) au sommet
Album photo : Le Mont Aigoual 2018
Trace GPS
Départ de Valleraugue. Bien que la météo soit plus mitigée que les deux jours précédent, un gros morceau nous attend mon frère et moi. Effectivement, lui à vélo, moi à pied, nous n’avons qu’un seul objectif en tête; l’observatoire météorologique du Mont Aigoual, l’un des plus haut sommet du massif central. Peut être aussi l’un de ceux où les conditions climatiques peuvent y être les plus variables.
Me concernant, une ascension d’une dizaine de kilomètres par le sentier des 4000 marches m’attend. Deuxième kilomètre, est-ce l’enchaînement des efforts?… le fait de premiers contreforts particulièrement éprouvant (marches rocheuses de 20 à 70 cm de haut)?… ou suis-je tout simplement dans un jour sans? Toujours est-il que je n’arrive pas à prendre un rythme, mon rythme. Sûr, la suite de la montée m’apportera un élément de réponse. Les bancels bordants de temps à autres le chemin donnent l’illusion de marches. Les trois prochains kilomètres du sentier moins techniques et moins raides me sont plus favorable.
Si l’impression de s’élever est bien présente, le vent et les épais nuages de froid remontant les flancs de la montagne n’annonce rien de bon quant à la météo au sommet. Tandis que la température décroît, la sente emprunte très régulièrement des passages rocheux maintenant ouvert sur de large panorama couvert. Bientôt, un fin manteau blanc recouvre le sol de façon éparse aux abords du ruisseau de Valat de la Fageole. Un texto du frangin m’indique que la météo est déplorable en haut. Il me conseil de faire demi-tour. Il me reste alors trois kilomètres; j’irai jusqu’au sommet,… jusqu’à l’observatoire.
Au niveau du menhir de Trépaloup, la couche de neige au sol est ici assez épaisse. Mon champ de vision blanchi par l’épais brouillard se limite aux arbres qui bordent le sentier. Bientôt, les contours flous du bâtiment se dessinent à travers les volutes de brume donnant à ce tableau quelque chose de mystérieux. Le fort vent diminue considérablement la température ressentie (-5°, -10°). Où est donc mon équipement d’hiver? La station météorologique est désormais toute proche.
Quelques pas encore et l’imposant bâtiment aux airs de château fort avec sa puissante tour crénelée se dresse là, devant moi, tel le gardien des lieux… Le dernier gardien des nuages.